Aline - Regarde Le Ciel

Aline - Regarde Le CielLe 17 avril 2010, peu après midi, nous publiions une chronique qui revenait sur le premier EP d'un petit groupe marseillais très prometteur. Depuis, leur nom a changé et un album vient surtout de paraître; alors Aline, qu'en est-il de toutes ces promesses ?

 

D'emblée, quelques repaires apparaissent immédiatement. Morceau emblématique dans le parcours du groupe, Les Copains se voit relifter pour l'occasion mais conserve ce double pouvoir intact: celui d'avoir toujours su nous introduire délicatement dans l'univers d'Aline tout en nous plongeant dans une profonde nostalgie. D'ailleurs, c'est peut-être cette dernière qui caractérise définitivement le mieux notre quintette; ce son clair de guitare, ces nappes de synthés atmosphériques, en bref, tout ce qui a fait les grandes heures des années 80. Loin d'une redite, - on se doute que le groupe apprécie The Smiths, Felt ou The Cure -, il y a surtout cette ambivalence que l'on retrouve par exemple chez New Order. Cette faculté à assumer et combiner deux époques: celle qui nous inspire et celle qui rythme notre quotidien.

La contemporanéité d'Aline est peut-être incarnée par une production (signée Jean-Louis Piérot) particulièrement soignée, capable d'insuffler un vent nouveau à des titres que l'on connaissait déjà tels qu'Obscène et Elle M'Oubliera ou le génial tandem Teen Whistle / Elle Et Moi. A celle-ci s'ajoutent bien sûr les morceaux complètement inédits ou issus de l'imparable EP Je Bois Et Puis Je Danse.

C'est d'ailleurs cette deuxième moitié de l'album qui retiendra le plus notre attention. Heureusement, nous ne sommes pas déçus. La maturité acquise ces derniers mois par Romain Guerret et ses camarades n'a en rien empiété sur la (pseudo) naïveté singulière de leur univers musical. Au contraire, dans Maudit Garçon, la patte du groupe est reconnaissable entre mille. Mieux, des morceaux plus ambitieux ont pu voir le jour: on pense notamment à la langoureuse et mélancolique ballade Il Faut Partir mais surtout à Regarde Le Ciel. Véritable point d'orgue de l'album dont l'intro n'est pas sans rappeler The Wake, le titre éponyme pourrait presque se définir comme l'alter-égo sombre de Je Bois Et Puis Je Danse. Tous deux partagent cette instantanéité, cette puissance et cette efficacité qui font, qu'une fois clôt ce premier chapitre, nous ne pouvons nous empêcher de rêver à l'avenir.

 

Près de deux ans après les avoir découverts pour la première fois, les Young Michelin ne sont plus; leur âme demeure néanmoins intacte. Elle réside désormais dans le corps de la charmante Aline. Et lorsque cette dernière nous invite à danser au rythme de ce que la pop française peut faire de mieux, nous ne pouvons simplement refuser... Mais d'abord, on boit bien sûr !

 

[2013 - Accelera Son / Idol / PIAS]